« février 2009 | Accueil | avril 2009 »
27 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
23 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Voici l'entretien que nous avons eu avec Elisabeth Robert en 2007...
Gilles Cohen Solal et Héloïse d’Ormesson ont monté leur propre maison d’éditions en octobre 2004 et leurs premiers livres sont apparus dans les librairies en mars 2005.
Oui HEO est la fille de... mais même si j'imagine qu'elle a été inspirée par le côté livresque de son père elle n'a pas construit cette maison sur son nom.
La preuve, Jean n'a pas été publié avant que la maison ne commence à bien fonctionner.
En même temps j'en profite pour envoyer un gros bisous à M.d'Ormesson (oui je sais rien à voir avec l'interview mais admettez que son regard est quand même des plus charmeurs!!!)
Bon revenons à nos moutons sinon Gilles va s'enfuir avant la première question!:)
Donc depuis de nombreux titres fleurissent, vous avez déjà d'ailleurs pu voir plusieurs de leurs ouvrages: "Elle s'appelait Sarah" de Tatiana de Rosnay, "José" de Richard Andrieux présentés sur mon Blog car j'avoue que leur sensibilité me parle... Je vais me faire une bibliothèque spéciale EHO moi!;)
Du coup je savoure les titres et leurs auteurs et je les interviewe avec un enthousiasme de gamine que je suis!:)
-GCS: Avant d'être co-éditeur, on dit comme ça?:)
Tu faisais quoi? Je sais que tu travaillais déjà dans cette branche et justement tu peux nous décrire ton parcours?
Non, on ne dit pas comme ça! Coéditeur c'est quand on se met à deux éditeurs pour publier un livre, nous sommes Héloïse et moi co-fondateurs et éditeur chacun à part entière.
Ok je note !:)
J'ai rencontré Héloïse chez Robert Laffont en 1987.
J'ai eu un coup de foudre pour elle et lui ai proposé que nous fassions notre vie ensemble.
Elle m'a répondu:" tu es beaucoup trop fou, il ne se passera jamais rien entre nous!"
Tout le monde peut donc constater que les femmes n'ont pas de suite dans les idées! C'est une histoire absolument vraie!!!
Je travaillais chez R.L comme représentant Paris et après j'ai crée une petite boîte qui s'est, entre autre, occupée d'un certain nombre d'éditeurs dont les ÉditionsAlbert-René (Goscinny-Uderzo) et voilà pour mon parcours dans le métier.
-Comment peut-on avoir eu l'envie de développer une maison d'éditions avec une telle concurrence?
Assez simplement.
Il suffit juste de se dire que la liberté est à ce prix! À partir de là, entre faire ce que l'on veut en prenant des risques et ne pas faire ce que l'on veut en prenant le risque d'être viré par quelqu'un le choix est assez vite vu, il me semble...
-La question que tout le monde se pose... Et qui restera toujours une énigme je pense!:)
Un livre reçu par la poste, sans aucun lien avec personne dans une maison d'éditions classique... Humm a t-il une chance d'être lu? Retenu? Je sais j'y crois plus, mais j'ai hâte de découvrir ta réponse!:)
Un livre qui arrive par la poste a toutes les chances d'être publié... si il est bon!
Et c'est très rarement le cas. Le problème ce n'est pas l'anonymat relatif ou l'absence de notoriété, le problème c'est l'indigence et la prétention de la majorité de ce que les éditeurs reçoivent. En tout cas, nous avons publié des livres arrivés par la poste (ou déposés à la maison d'édition); ce n'est pas la majorité de notre production mais c'est arrivé
-Tu publies environ
20 livres
par an? Comment en assurer la médiatisation?20 livres
C'est beaucoup pour Héloïse, et pas assez pour moi! Le problème n'est pas le nombre des publications, c'est leur qualité!
Il n'y a jamais assez de bons livres et toujours trop de mauvais...La médiatisation est un phénomène complexe lié au texte, à l'auteur et la publicité que nous faisons.
Ce n'est jamais gagné, et de toute façon si , dans un cas comme le nôtre, le livre n'est pas soutenu par les libraires il n'a que peu de chance d'avoir une vie agréable...
-En deux années d'existence, quel est ton premier bilan?
Mon premier bilan était déficitaire, très largement...Et le second est bénéficiaire ce qui relève du miracle!
Toute plaisanterie mise à part le premier bilan que l'on peut tirer de ces trois années de publication est que c'est très difficile mais extraordinairement passionnant!
-Comment sais-tu qu'un livre sera aimé ou non? Coup de poker, enjeu périlleux ou une réelle certitude?
Je ne sais jamais! Héloïse est beaucoup plus douée que moi pour cela...!
C'est à chaque fois un coup de poker, toujours un enjeu plus ou moins périlleux et jamais une réelle certitude!
-Pour toi une bonne vente de livres c'est combien d'exemplaires, à quel nombre peut-on dire: ok on gagne de l'argent?
Une bonne vente de livres ne peut pas se définir par le seul chiffre des ventes en librairies.
Il y a aussi les cessions de droits, en poche, en club, au cinéma. On ne peut pas dire : "je gagne de l'argent à partir de 5,000 ex"; tout dépend du prix que l'on a payé le livre, de la traduction ou pas, de l'investissement promotionnel...
Il y a des livres avec lesquels on gagne de l'argent à 3,000 ex et d'autres avec lesquels on en perd à 12,000 ex.
-Les contacts avec les libraires se passent comment? Je dis pas ça parce que moi pauvre petit auteure locale je me fais toiser lorsque je quémande une séance de dédicaces malgré les appels de mon attachée de presse hein? Mais juste pour connaître la recette!! Attaché de presse efficace, c'est le nom de la maison qui prime? Un libraire propose de lui -même ou bien est ce aussi à vous de les solliciter?
Les contacts avec les libraires se passent bien mais nous n'en n'avons pas assez et c'est notre responsabilité! Nous devrions aller les voir plus souvent, parler d'avantage avec eux et essayer de nouer des relations plus proches.
Aujourd'hui un éditeur comme nous qui ne fait pas cela n'a que peu de chances de vraiment réussir.
Les libraires représentent plus de 80% de notre chiffre d'affaire, il faut s'en occuper!
-Vous êtes deux à avoir fondé cette maison, deux à la diriger et deux euh deux quoi?!:) pas difficile de parler du travail à la maison? Bah vi depuis votre rencontre en 1987 vous ne parlez quand même pas que de bouquins??;)
Depuis 1987 nous nous connaissons, mais nous ne vivons ensemble que depuis 5 ans!
Si c'est difficile mais je crois que nous aimons passionnément ce que nous faisons et que nous nous aimons aussi...pour le reste nos copains nous appellent "Taylor et Burton", cela donne une idée du nombre d'engueulades hebdomadaires!
Non, nous ne parlons pas que de bouquins mais nous avons beaucoup de mal à parler d'autre chose que de la boîte, du métier, des auteurs et de tout ce qui va avec...mais il y une chose importante à savoir éditeur ce n'est pas un métier, c'est un mode de vie !
-Ton côté accessible et naturel me semble assez incroyable dans un monde où la plupart des gens se cachent derrière leur nom... Du coup je me demande... Toi qui aime bloguer... Tu as d'autres passions que de lire et de mettre en valeur des livres coups de coeur?
Lorsque l'on entend certains éditeurs aujourd'hui on a l'impression qu'ils sont tous agrégés de lettres classiques, qu'ils ont donc été normaliens et qu'ils détiennent la vérité sur tout mais que surtout ils détiennent la vérité!
C'est d'une absurdité complète. Les gens ne se cachent pas derrière leur nom, ils se cachent derrière leur statut ce qui est bien pire à mes yeux!
Remarque il y en a qui font les deux: nom ET statut, je ne cite personne ils se reconnaîtront. Oui j'ai d'autres passions que lire et parler de mes livres coups de coeur: Héloïse et mes enfants.
Je crois que mes passions se limitent à eux.
-Que penses-tu des maisons d'éditions à compte d'éditeur qui propose le téléchargement en pdf ou l'achat de leurs livres?
Rien, je n'ai pas d'avis sur tout.
Cela étant si je sais ce qu'est le compte d'auteur je ne sais pas ce qu'est le compte d'éditeur....
-Le compte d'auteur ça t'inspire quoi?
Il y a des "auteurs" qui ne méritent pas mieux...Parfois il faut assumer simultanément son ambition et son absence de talent, le compte d'auteur est un bon moyen pour ça...
-Que penses-tu du négriat littéraire?
Vieux comme le monde, je pense qu'il y a certains auteurs dont il vaut mieux qu'ils aient des nègres mais ils devraient mieux les choisir!
-C'est quoi l'avenir pour les auteurs? On dit qu'il y a plus de gens qui écrivent qui ne lisent alors ne crois-tu pas que demain il n'y aura plus que des écrivains?
Je n'ai aucune inquiétude à ce sujet!
-Penses-tu qu'en France les livres soient moins bons qu'à l'étranger?
Absolument pas!
Il ne faut pas oublier que les livres étrangers que nous avons en France sont une infime sélection de ce qui se publie à l'étranger, il est donc normal d'avoir cette impression mais ils ont la même à l'étranger concernant les livres français.
-Comment peut-on donner le goût de la lecture aux enfants d'après toi?
En leur interdisant la télévision!
-La vague des bouquins politiques... Tu connais les chiffres de vente? Est-ce que cela intéresse tant que ça les lecteurs?
Chaque année électorale il y a une vague de ce genre de livres...on les oublie vite!
Les chiffres sont très importants pour certains et mauvais pour la plupart... pour connaître les chiffres il suffit d'aller sur EDISTAT, ça se trouve facilement
-Tu as bien du être alerté de la censure dont "la lettrine" a fait l'objet il y a peu, quelle est ta position, non pas sur le fait que l'hébergeur suspende le blog (après tout il n'a peut-être pas eu le choix), mais sur le côté agent littéraire? Chez EHO des agents sont-ils venus pour tenter de placer des manuscrits? Comment cela se passe?
Oui nous achetons des livres à des agents, ou leur confions des livres à vendre. J'aime bien les agents et spécialement le plus détesté d'entre eux Andrew Wylie.
-Tu nous parles de ton actu? Le prix Clara ou autre?
Mon actu c'est le livre de mon ami Lionel Froissart qui s'appelle "les Boxeurs finissent mal... en général".
Un livre exceptionnel non pas sur la boxe mais sur l'humanité qui l'entoure et le destin hors du commun de douze boxeurs avec lesquels il écrit, je crois, LE roman de la boxe. Héloïse qui n'aime pas la boxe ne l'a pas lâché...excellent signe!
-Si tu devais changer radicalement de métier, tu ferais quoi?
J'irais dans le désert du Néguev, au sud d'Israël, dans un kibboutz.
-Quel est ton livre favori?
Mon livre favori c'est impossible à dire mais je pense qu'en citant tout Victor Hugo je ne me trompe pas!
-Ton chanteur préféré?
Probablement: Jacques Brel
-Ta chanson préférée?
My way.
-Et sinon la question finale habituelle: tu es un homme heureux dans la vie? Il te reste encore des rêves à accomplir?
Je suis plutôt très heureux, avec des hauts et des bas; comme tout le monde je crois.
Mais j'ai énormément de chance et ça j'en suis parfaitement conscient comme disait mon père spirituelRené Goscinny.
"Un homme auquel il ne reste plus de rêves à accomplir est un homme mort" Gilles Cohen-Solal (comme disaitSacha Guitry j'aime bien me citer cela ajoute du sel à ma conversation!)
Merci beaucoup!!
La prochaine fois je m'invite!;)
HELOISE D'ORMESSON EDITIONS
87, boulevard Saint-Michel
75005 Paris
FRANCE
Tél : +33 (0)1 56 81 30 70
Fax : +33 (0)1 43 26 19 68
http://www.editions-heloisedormesson.com
20 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
19 mars 2009
Pierre Bourgeade (1927-2009)
J’ai peu connu Bourgeade, mais je me souviens très précisément des circonstances qui nous ont réunis.Jean-Hubert Gailliot et Sylvie Martigny (les Editions Tristram à Auch) avaient réussi à convaincre Pierre de publier une partie de son travail, Gallimard, son éditeur historique, ne pouvant pas suivre. Bourgeade écrivait beaucoup, il avait toujours de multiples projets en cours. Et Gallimard, il faut le reconnaître, s’était un peu lassé du travail de Pierre, qui n’était plus vraiment à la mode. Même siSollers, dans l’Infini (il connaissait bien, en vieux briscard, l'importance de l'oeuvre de Pierre), avait accepté de publier «L’Objet humain», un livre d’entretiens, qui apparaît aujourd’hui testamentaire, avec Jean-Hubert et Sylvie, justement.
Bourgeade était l’un des plus grands écrivains français de la seconde moitié du XXème siècle, l’un des plus originaux sans aucun doute possible. Il ne pouvait qu’être déçu de constater que Gallimard ne faisait pas l’effort de le soutenir autant qu’il l’aurait souhaité. Il s’était fait à l’idée d’être publié par Tristram, voyant quelque ironie à ce que le salut vienne pour lui du Sud-Ouest (lui-même était originaire du Pays Basque). Il était heureux aussi, bien sûr, de voir que des jeunes gens (Jean-Hubert et Sylvie) connaissaient bien, s’intéressaient à son travail.
Si ma mémoire est bonne, Tristram a d’abord publié, de Bourgeade, «Les Ames juives», roman très caractéristique de cette période tardive. Bourgeade avait, pour ceux qui ne l’auraient pas lu encore, commencé sa carrière dans les années 60, avec un livre au style parfait et au titre qui semblait devancer le Robbe-Grillet des années porno chic: «Les Immortelles» (1966). C’est Lambrichs, au Chemin (une des grandes collections de Gallimard), qui le repère comme de juste. «On m’a donné un texte de vous, c’est très beau», ce sont les mots que prête la légende à l’éditeur. Lambrichs a été l’âme de la littérature française dans les années 60-70. Et Bourgeade devait forcément, avec un style pareil, tomber dans son escarcelle. Pierre m’avait raconté que Lambrichs avait déchiré la moitié d’un de ses manuscrits, dans son bureau, en prononçant cette phrase dont tous les écrivains feraient bien de se souvenir: «En littérature, une fois que c’est dit, c’est dit.»
Bourgeade va publier des livres extraordinaires mais, curieusement, son travail lui vaudra une admiration feutrée, en tout cas pas la gloire littéraire qu’aurait pu lui valoir le titre de meilleur prosateur en exercice. C’est que son œuvre, habitée par le Mal (l’holocauste, la guerre d’Algérie), contient une part cachée, secrète, difficilement explicable: l’érotisme de la souffrance, dont il était un observateur fasciné. Le voyeur et le poète? Il y avait de ça, et peu ont vraiment compris comment, en Bourgeade, s’alliaient paisiblement ces deux contraires, l’extrême violence des images qui le fascinaient (des femmes torturées, notamment), la parfaite limpidité d’un style, d'autre part, qui semblait, au plus profond, n’autoriser aucune zone d’ombre, rien d’obscur ou d’inavouable.
J’avais été le voir chez lui, rue de l’Ancienne-Comédie. Il habitait dans les étages inférieurs d’un vieil immeuble, dans un petit appartement très sombre. Il était très courtois, derrière de grosses lunettes, chaleureux, presque féminin dans ses manières. Il sortait des livres et vous présentait, avec la plus grande gentillesse, toutes ces photos atroces. Il m’avait raconté la chose suivante (je transcris fidèlement ce qu’il m’avait dit): «Il y a quatre ans, j'ai fait un livre avec une grande photographe, Claude Alexandre. Elle avait pris des photos chez des gens qui se livraient à des tortures. Et un jour, on me convoque à la police. La personne chez qui ces photos avaient été prises était un ingénieur belge qui avait été déporté pendant la guerre. Et lui-même avait installé une maison de déportation dans les Pyrénées, où des gens payaient pour se faire torturer.» Pierre, je me souviens de sa voix un peu haute, vous racontait ça, pas capable de tuer une mouche, toujours au plus extrême de l’écoute et de la gentillesse.
Il y a quelques mois, il m’avait envoyé un petit album, illustré par Marie Morel, intitulé «Animamours» (aux Editions Humus). Nous avions échangé quelques lettres, et il m’avait appris sa maladie. J’aimerais vous donner à lire son dernier courrier, à nouveau si charmant, si bienveillant, si enjoué, comme s’il y avait deux Pierre, un qui continuait à jouer les Saint-Simon de son époque, l’autre qui souffrait, seul, immensément seul. La lettre est datée du 9 janvier. Et Pierre est mort le 12 mars.
«Cher Didier,
Hier votre lettre, aujourd’hui votre livre! [Je lui avais envoyé le bouquin que vous savez, pour l’amuser un peu, enfin, en espérant que ça le ferait rire]. Entre nous, j’ai toujours aimé le «logo» ( ?) de Héloïse d’Ormesson. J’ai connu d’Ormesson dans les années 64-70 (étiez-vous né?) quand je travaillais avec Maurice Herzog, lui rue de Châteaudun, moi à l’hôtel de Castres, Herzog ayant des responsabilités chapeautées par Matignon (le sinistre Pompidou). Jean d’Ormesson l’avait pris sous son aile. Il arrivait dans la cour de l’hôtel de Castres au volant d’une Jaguar E. Il dirigeait je ne sais quelle revue de grand prestige à l’Unesco. En attendant Herzog, nous bavardions. Moi: «Présentez-vous à l’Académie!» Lui: «Je ne peux pas pour l’instant, la place est prise (par Wladimir d’Ormesson). Ah, i’m fait du tort! I’m fait du tort!» Il maria Herzog à une de ses amies philosophes, Marie-Pierre de Cossé-Brissac, mais je crois que depuis, Herzog, que je n’ai pas revu depuis 1974, avait épousé une championne de ski. Herzog était une leçon vivante d’énergie. Beau gosse, toujours souriant, sans aucun doigt, sauf la première phalange aux mains et aux pieds! Quel type! En 74, Pompidou, qui ne pouvait pas le blairer l’avait envoyé au casse-pipe à Lyon, et il fut sur le champ remplacé par un borgne péteux (l’un n’empêche pas l’autre), François Missoffe, le père de Mme de Panafieu. J’en profitai pour me faire mettre en disponibilité, comme administrateur civil, comptant sur mes succès littéraires et théâtraux pour assurer ma subsistance jusqu’au terme (imprévisible, alors!). Ces temps-ci, le théâtre me manque affreusement, quotidiennement je puis dire, puisque nous avons traversé une période de feu et de sang, à partir de 37, et que malheureusement nous n’avons pas pu transposer cela au théâtre (pour moi: une fois, avec Lavelli,Benouin, Lavaudant, Vitez–qui avait adhéré à un nouveau projet en 1987…- mais pas deux!). Heureusement reste la littérature–où on ne dépend que de soi… j’ai toujours quatre ou cinq livres en préparation… et le fait que vous ayez aimé ces animaux un peu bizarroïdes me fait vraiment plaisir.
Pardon de cette longue lettre, cher Didier, mais vous sentez que c’est tout votre message qui m’a fait très plaisir, dans cette solitude qui semble liée à ce mal inattendu. C’est en effet sur le conseil de mon médecin parisien, cardiologue, que je suis venu me faire soigner en province, je suis sensible au fait que vous trouviez cela très bien, je ne sais plus très bien ce que je vous ai écrit il y a deux jours, mais le fait est que cette maladie introduit une lutte du soi contre soi, à quoi, si vivant que l’on se fut senti, on n’est absolument pas préparé. Une partie de moi, à l’intérieur de moi, lutte contre moi (sans que je m’en sois jamais douté) et moi si je veux m’en sortir, je dois lutter à fond contre cette maladie. Au début, c’est un coup de tonnerre, j’ai passé 2, 3 mois sans pouvoir ni bouger, ni parler, ni même penser… cette maladie entraînant en plus, sans qu’on sache pourquoi, un sentiment de honte difficile à avaler.
Je vous remercie beaucoup beaucoup de votre référence à l’ours, -saint en plus!- car c’est exactement cette force animale qu’il me faudrait pour m’en sortir. J’ai vaguement l’impression que ça va mieux (les cancérologues ignorent le mot guérir) et qu’un jour ou l’autre, l’autorisation me sera donnée de venir, peut-être pourrons-nous prendre un café ensemble? Je dois y revoir, je le sais, mes amis de Tristram avec qui j’ai des projets pour sept 09 et qui se déplacent archi-rarement, venant de ce bout du monde, Auch.
Encore merci de votre lettre. Pardon pour ce bavardage… rare occasion… Très sincèrement et fidèlement à vous
Pierre»
(Photos Louis Monier etc.)
19 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Bonsoir,
18 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Auquel, après une dizaine de tentatives, je n'ai pu répondre en ligne.
(We're sorry, we cannot accept this data)
Honnêtement, je ne me souviens pas de m'y être fait bannir...
Comme je n'aime pas me cacher, toute contribution technique à la parution de ce commentaire sur le dit blog, sous mon vrai nom évidemment, est bienvenue...
(J'ai tenté en plusieurs fois, pensant que c'était un peu long, ce n'est pas de là que vient le souci...)
Le billet de Lise-Marie Jaillant :
http://wrath.typepad.com/w
Je tombe (presque) par hasard sur ce billet.
Enfin quand je dis, « je tombe », ce n’est pas tout à fait exact. Disons que je glisse, comme cela arrive parfois en marchant dans une matière visqueuse, abandonnée au milieu d’un trottoir plutôt que dans le caniveau.
La chute est évitée de peu, sans même espoir d’un léger léchage de botte de la part du lycaon auteur volontaire dudit dépôt.
Commence donc, clopinant, la quête d’un bout de pelouse ou une flaque d’eau pour effacer l’outrage.
J’entends d’ailleurs distinctement les hurlements instantanés de la meute de ses frères à cette introduction.
C’est bien.
L’accroche, c’est fondamental pour fixer l’attention du lecteur, vieux réflexe qu’il me reste de mon passé de journaliste, essentiellement dans des rubriques sportives et automobiles, cursus obligatoire pour être introduit dans le milieu de l’édition parisienne, c’est bien connu.
Car le parallèle d’abandon canin s’arrête essentiellement, non sur la forme produite, quelle que soit l’expression qu’on lui donne, mais sur le fond motivant les deux actes, celui de tourner la tête quand Médor s’oublie sur le passage public et l’écriture de ce billet : un parfait mépris d’autrui.
(Je dis canin, j’avais d’abord écrit hyène plutôt que lycaon, mais cette simple évocation possible d’Harar me semblait déjà un compliment.)
Le mépris donc, ce sentiment global pour l’édition parisienne (passe encore), plus particulièrement pour l’ensemble des invités d’Héloïse d’Ormesson et de Gilles Cohen-Solal (cela pourrait se discuter individuellement, fastidieusement, la liste était longue), et qui trouve finalement une cible de choix en attaquant personnellement Élisabeth Robert à travers sa relation de cet anniversaire.
C’est entendu avec jubilation, elle n’est qu’une gourde.
Et sans doute, pourquoi pas durant que nous y sommes, ses publications sont dues plus à ses qualités de gourgandine qu’à son travail, le refrain est si classique qu’il en devient convenu.
Nous étions donc ce soir là, nous les invités honnis, observés par la forcément Bécassine Robert, « entre amis du 6ème arrondissement », réunis « pour un petit pince-fesse » avec « léchage de bottes intensif ».
Je ne sais pas vous, mais là, l’image qui me vient, c’est celle d’une soirée au « Chandelles » façon SM…
Je pense que je me souviendrais d’une telle orgie !
Je n’ai rien contre les « wannabes » dont l’appellation m’interpelle tout de même lorsque l’on se veut l’expression d’une sorte de dandysme maudit par l’édition française.
Quand même, la censure systématique, cela doit être un fardeau sacrément douloureux.
Surtout lorsque s’y mêlent les tortures de l’ego.
Sort terrible auquel je compatis sincèrement.
Sans doute y a-t-il là un véritable motif de création d’ONG ou un prétexte de réécriture du scénario de « Sauvez Willy » en version littéraire.
Revenons donc au vrai sujet de cette livraison en trompe l’œil qui n’est pas, mais pas du tout, Elisabeth Robert, mais bien Gilles Cohen-Solal et les éditions Héloïse d’Ormesson.
Lorsque j’ai rencontré Gilles Cohen-Solal, j’étais barman-videur de nuit dans un bouge du 11ème arrondissement, loin, très loin de l’univers du Flore ou de la Closerie des Lilas.
Je ne connaissais absolument personne ni dans le milieu de l’édition, ni à Saint Germain des Près en général, je ne possède pas de relations politiques et/ou industrielles, mon divorce avec la « grande presse » était consommé, Christian n’est pas mon cousin, je demeurais à Montreuil (93) et en plus j’étais fauché à tuer les taupes.
Je ne l’avais jamais vu, tout au plus avais-je échangé avec lui trente mots sur un blog, sans compter son invitation à venir le visiter.
Grâce à lui, j’étais édité exactement cinq mois plus tard, chez Privé, et aujourd’hui, c’est avec beaucoup de reconnaissance, effectivement, que je travaille comme auteur pour les éditions Héloïse d’Ormesson.
Et, promis juré, je n’ai couché ni avec lui, ni avec personne d’autre, et ceux qui me connaissent un peu savent que le matériel de cirage n’était pas dans la panoplie livrée par les bonnes fées dans mon berceau.
Voilà donc pour les clichés éculés qui justifieraient, à les lire, les commentaires pondus dans ce billet par les auteurs bannis des arcanes de la publication.
Si les réseaux existent, et seule une grave cécité permettrait d’affirmer le contraire, ils restent donc (très) perméables.
Question sans doute de persévérance et de modestie.
Et il existe des éditeurs, j’en rencontre parfois d’autres, avec lesquels il est sans doute aussi agréable de travailler un texte qu’avec Gilles Cohen-Solal.
Parce que oui, un texte remis cela se travaille ensuite avec humilité et que c’est également sans doute un des rôles les plus difficiles des éditeurs.
Encore faut-il l’avoir compris. C’est tout le paradoxe de la critique sur Internet. Ce sont maintenant les auteurs malheureux qui corrigent les éditeurs, dans tous les sens du terme d’ailleurs.
C’est certain qu’il est difficile d’entendre, pour un génie, sans bouillir de rage, qu’il va falloir revoir son manuscrit, voire qu’il est refusé…
J’ai donc passé, comme Élisabeth Robert, une excellente soirée à cet anniversaire.
Il y avait bien là quelques rares dindes éparses émoustillées par la présence de têtes d’affiche, mais surtout beaucoup d’invités charmants et cultivés.
Et l’intérêt que j’ai découvert dans les conversations n’était pas prédéterminé par le référencement sur Google de mes interlocuteurs.
A vrai dire, loin de la connaissance apparemment parfaite des intervenants de ce blog du monde de l’écriture et de l’édition, j’ai donc découvert la plupart des invités, à quelques exceptions près, au fur et à mesure des discussions.
Avec plaisir et loin de « copinages » qui seraient sans fondements. J’ai passé l’âge de rêver d’entrer dans un sérail imaginaire. Mais j’ai préservé celui de détester la bêtise aigrie.
Mener sur cette page, sous un faux prétexte, Elisabeth Robert au bûcher en lieu et place de Gilles Cohen-Solal, si j’en crois les soubresauts lus dans les archives de ce blog, est sans doute la seule chose qui mérite un réel mépris ici.
Se tromper volontairement de cible, c’est se tromper tout simplement de sujet.
Un défaut rédhibitoire pour un auteur.
C’est sans doute plus difficile d’écrire une histoire que de « se la raconter ».
18 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Enregistré cette semaine, au salon du livre, à Paris et en public, Parlons net, l'émission de David Abiker, convie Eric Naulleau, éditeur et chroniqueur, Gilles Cohen-Solal éditeur et bloggueur, Laurence Biava du Buzz littéraire, Michaël Nahan de Bookeen et Michel Eltchianinoff de la revue Philosophie Magazine et auteur des Insupportables, à parler des liens entre la littérature, le web et les livres.
L’émission animée par David Abiker et le critique littéraire de Rue89, Hubert Artus suit.
16 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
16 mars 2009 dans Dominique Dyens | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Joey Goebel, ex-punk et critique rock grandi dans un trou perdu du Kentucky, vient en France la semaine prochaine. Son nouveau roman "The Anomalies" dessine un portrait acide de l'Amérique, territoire gangréné par la bêtise quotidienne, dans la veine de "La Conjuration des imbéciles".
La librairie " Le Merle moqueur" qui compte parmi ses premiers fans, reçoit Joey mardi 10 mars à 19h.
Le merle moqueur
51 rue de Bagnolet. Paris XXè
06 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Les commentaires récents