Je crois que mes chers co-lauréats ont raconté à merveille les événements de cette mémorable journée du 25 octobre 2012, et de cette magnifique soirée du Prix Clara.
Bien sûr, moi aussi je voudrais dire à quel point ce moment a été exceptionnel. Je suis tentée de multiplier les adjectifs : journée grandiose, incroyable, euphorique, intense, inespérée, onirique même.
Le 25 octobre, j’ai fait l’école
buissonnière ! Avec l’accord des
parents, ça fait moins rebelle, mais bon … J’ai vaguement pensé à mes camarades
en DST d’Histoire en prenant le métro qui m’amenait dans le 4ème
arrondissement avant d’en être détournée par la vue de la pub pour NOTRE livre
… Et finalement de me reconcentrer sur la question qui m’occupait l’esprit
depuis le début de la matinée « mais à quoi peuvent bien ressembler
toutes ces personnes qui m’envoient des mails depuis trois
mois ? »
Ca faisait un moment que je le
voyais venir ! Avec un stress mêlé d’excitation, je redoutais et attendais
ce grand jour, ce jour de rencontres et de consécration, si j’ose dire. Revenue la veille au soir de Berlin, j’avoue
que je suis un peu « à l’ouest » comme on dit (sans vilain jeu de mot
sur le passé de la ville), la preuve : j’arrive une demi-heure en retard
par rapport à l’horaire que j’avais annoncée et je mets dix minutes à trouver
l’entrée (ça commence bien !)…
Il y a bien
longtemps que je n’avais pris la plume pour t’écrire, oui, bien longtemps…
Depuis le jour où j’ai envoyé, presque par erreur, cinq lettres qui t’étaient
destinées à une maison d’édition parisienne. Tu penses bien que je n’attendais
guère plus de réponse de la part desdites éditions que de toi, musicien perdu
dans les brumes allemandes… Et pourtant ! Deux mois plus tard, je recevais
un coup de téléphone. Trois mois encore, et j’étais à Paris. C’est cette
journée passée dans la capitale que je voudrais te conter, mon Alban :
après tout, c’est à toi que je la dois…
Les histoires commencent souvent par la sonnerie d'un réveil. Un vieux de préférence, de ceux qui te carillonnent dans la tête et que tu finis par jeter par la fenêtre un jour de paresse aggravée. Ou alors un réveil de jeune avec de gros chiffres digitaux pour prévenir la presbytie (à notre âge?).
" Quand je me levai, ce matin-là, ce fut le sourire aux
lèvres, et pourtant la boule au ventre. Quatre ans… Quatre ans que je suivais,
que je participais au Prix Clara, regardant chaque année les lauréats atteindre
leur rêve… Et cette année, après trois tentatives avortées, c’était moi qui me
retrouvais à leur place, enfin… Ainsi, à 8h du matin, ce 25 octobre 2012,
c’était quatre années de ma vie qui pesaient sur mon estomac noué.
Le soleil se lève sur cette journée du 25 Octobre
2012. Une journée loin d’être comme les autres. Dès que j’ouvre les yeux, un
seul mot d’ordre : la joie ! Eh oui ! Je vais louper une journée de cours, et rien
que cette perspective me fait sourire !
Mais mon père est là pour me rappeler que ce n’est
pas le moment de traîner. Douche-toi, déjeune, prépare tes affaires et saute
dans la voiture ! Prochain arrêt ? La maison d’édition Héloïse
d’Ormesson. Oui, rien que ça !
Créé en 2006 en mémoire de Clara, décédée subitement à l’âge de 13 ans des suites d’une malformation cardiaque, le Prix Clara couronne chaque automne les lauréats d’un grand concours de nouvelles ouvert aux adolescents de moins de 17 ans. Le jury, présidé par Erik Orsenna, est composé de onze personnalités du monde des lettres et de l’édition.
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