En compagnie d'Harold Cobert et d'Emilie de Turckheim, Anne-Laure et Juliette, deux des lauréates du Prix Clara 2010, seront présentes au Salon du Livre de Boulogne dans l'après-midi du dimanche 5 décembre.
Elles vous attendent nombreuses et nombreux pour vous dédicacer leur livre et discuter avec vous !
"J’écrivais avec n’importe quel stylo dans mon éternel carnet que je trimballe partout (il a beaucoup souffert), mon journal (planqué dans ma boite à courrier) et mon carnet de citations préférées. Mais depuis que mes amies m’ont offert un bon vieux stylo à bille comme j’en réclamais à grand cris (spécialité maison enquiquiner tout le monde au CDI pour avoir un bic) j’ai le kit complet !"
"J’avais lu quelques livres autour de la thématique de la burqa et plus généralement de l’extrémisme prétendant appliquer l’Islam comme Burqa ! de Simona Bassano di Tufillo et Jamila Mujahed, Persepolis de Marjane Satrapi, Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody… Évidemment j’étais ulcérée. Mais le choc a été encore plus violent lorsqu’un jour je me suis retrouvée dans le tramway avec une femme portant le hijab. Tout mon pseudo engagement féministe ne pouvait soudain rien faire contre la peur que j’avais d’aller au-devant d’elle car je ne savais pas quoi faire. Je m’en suis voulu de ma lâcheté. Écrire cette nouvelle sur la burqa, c’était chercher à faire enfin un pas vers cette femme et à essayer de se mettre à sa place."
"Après avoir lu Les Lettres Persanes de Montesquieu, je me suis demandé qui pourrait tenir le rôle d'Usbek de nos jours... Il m'a semblé qu'à l'ère de la mondialisation, un simple étranger ne saurait critiquer notre société et que rien ne le choquerait vraiment. Il fallait donc qu'intervienne quelqu'un de véritablement étranger à notre monde et j'ai pensé qu'une extraterrestre ferait l'affaire. Sur Terre, je lui donne d'ailleurs le nom d'Aspasie, une métèque qui a vécu au cinquième siècle avant Jésus Christ, à Athènes, et qui est en quelque sorte la première femme philosophe, alors même qu'elle est étrangère à sa ville et calomniée par un bon nombre de gens. Mon extraterrestre, c'est un peu cette métèque à notre monde contemporain, une étrangère qui, finalement, réussit à décrypter l'humanité et ses valeurs, le monde dans lequel nous évoluons..."
"L’habituel bazar ambiant, l’ordi pour la mémoire, une feuille et un crayon pour les plans, du chocolat pour l’inspiration et une peluche pour l’aide, voici les éléments au milieu desquels j’écris."
"Les cours d’histoire n’étaient pas ma spécialité l’année dernière. C’est pourtant ce qui m’a inspirée. L’esclavage était un thème assez délicat, mais je rêvais de bousculer un peu l’histoire de l’Humanité en permettant à un négrillon de se rebeller. Il faut avouer que je n’abandonne jamais les idées qui me passent par la tête, et la traite négrière et l’esclavage me tenaient particulièrement à cœur, on va dire. C’est pourquoi j’ai écrit une histoire historique, loin de mes productions habituelles…"
Le 3 novembre 2010, Juliette et Catherine étaient invitées à répondre aux questions des ados internautes de la communauté Zap zone d'Orange lors d'un "Chat VIP" à propos de leurs livres et de leurs vies.
"Le pivot de mon récit est un ours en peluche, car il est le symbole même de l'enfance. Il fallait quelque chose d'étranger à l'univers du grand-père mais qui puisse le toucher en le ramenant en enfance par exemple.
Je suis persuadée que, comme pour les madeleines de Proust, il existe des objets capables de nous toucher et de faire basculer l'âme la plus spartiate dans un imaginaire farfelu !"
"Mon ordinateur s'appelle Lee, à gauche le carnet offert par ma sœur pour noter toutes mes idées de roman, et au fond Seiko et Etsumi, mes deux figurines japonaises qui assurent le succès et l'inspiration !"
"J'ai choisi de mettre en scène un voleur d'âmes dans ma nouvelle à cause de cette attirance que j'ai toujours eu pour les personnages surnaturels. Cet homme, qui s'est damné pour acquérir des pouvoirs, vole la vie de ses victimes en prenant leurs âmes, déçu de son ancienne existence. Il existe des voleurs d'âmes parmi nous, je pense à toutes ces personnes qui vivent par procuration la vie des autres. Ce personnage surnaturel recouvre une réalité : l'homme, aujourd'hui, sait de moins en moins être heureux par lui-même."
06h45 : la voix d’Ethel Waters m’informe que « I’ve got Rythme » (confrontée à l’horreur de ne pas faire ce que j’aime le plus au monde à savoir faire la bûche je me soigne à grandes doses de Gershwin). J’essaie désespérément d’ouvrir les yeux. État des lieux : pour une raison mystérieuse j’ai les pieds à l’air donc j’ai froid, un joyeux luron chante d’une voix tonitruante sous ma fenêtre une chanson abominable et ma partie élève (tendance rabat-joie et stressée) m’informe que Kant, après m’avoir accordé un bref répit de cinq heures de sommeil tourmenté, revient me faire d’autres nœuds au cerveau. Heureuse journée en perspective… Je décide de m’accorder une heure de sommeil en plus pour affronter la vacuité de mon esprit philosophique.
Ce fameux 21 octobre attendu de tous a commencé pour moi à 4 heures du matin. Eh oui, j'habite à Toulouse, la plus méridionale des villes de France, et pour atteindre la capitale, il me fallait rouler 6 heures dans un train puant ; ô joie ! C'est donc le teint pas très frais et l'œil trouble que je me suis installée dans un TGV plein comme un œuf. Et encore, j'étais dans le carré du wagon de tête, et ne le partageais qu'avec mes parents et une famille d'inconnus. J'ai dormi profondément durant 2 bonnes heures. Mais à 10 heures, le convoi freine dans un crissement interminable en rase-campagne. «Mesdames, messieurs, notre TGV est immobilisé pour une durée indéterminée en raison de manifestations en gare de Poitiers.» Damned ! Le sommeil m'avait préservée du stress, mais à ce moment-là, je dois bien avouer qu'une certaine nervosité m'a prise à la gorge. Au bout d'une heure d'arrêt, la voix du conducteur a de nouveau grésillé. «Mesdames et messieurs, la situation n'est pas débloquée. Nous allons ouvrir les portières du train.» Je me suis donc dégourdi les jambes dans le froid d'octobre, guettant la voie comme si Agathe, l'attachée de presse, allait soudain surgir pour m'emmener à Paris.
Le 21 octobre, jour de la cérémonie de remise du prix Clara, les six lauréates étaient interviewées par Confidentielles.com. Elles sont un peu intimidées mais ravies de vous faire partager leur joie. Déjà très complices, ce petit groupe est lié par le gout de l'écriture et de la lecture.
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